Trop de gens refoulent leurs émotions ou les nient, si bien qu’ils ne savent même plus ce qu’ils éprouvent. En voulant se les épargner pour éviter la souffrance, ne risque t-on pas de détruire la communication avec soi-même et aussi avec les autres ? Il ne faut pas oublier que les choses auxquelles nous résistons ont tendance à persister.
Si nous essayons de nous dissocier des sentiments que nous éprouvons, nous ne modifierons ni notre regard, ni notre perspective et nous nous poserons inlassablement les mêmes questions.
Dans l’amour égoïste, on aime ou on n'aime pas. Il y a donc une émotion correspondant au contraire de cet amour : la haine, car sous l’emprise de cette émotion on ne peut haïr que ceux que l’on a aimé de cet amour là. Cet amour suppose que la personne sur qui est projeté cet amour, doit au moins aimer à la hauteur de ce qu’elle est aimée. Derrière cet amour, ne se cache t-il pas un besoin d’être aimé? L’amour égoïste est conditionné par l’ego, il est « calculé » pour se satisfaire consciemment ou inconsciemment, il n’est donc ni offert ni permanent.
Le véritable amour, souvent appelé amour inconditionnel, est tout autre. Certains peuvent penser qu’aimer ainsi inclus des sacrifices, oui, il y en a un, sacrifier notre égoïsme !
Ainsi, pour ne pas rester à la merci des tempêtes psychiques qui soufflent dans notre direction, n’est-il pas mieux d’accepter nos émotions comme étant une aide à la compréhension de soi ?
Pour qu’elles puissent être une aide, nous devons d’abord comprendre qu’elles agissent dans notre intérêt. Nos émotions, mêmes « douloureuses », sont comme une boussole, elles nous indiquent la voie à suivre. Les émotions que nous considérons comme étant négatives ne sont-elles pas des signaux qui nous appellent à l’action ?
Pour cela, il suffit d’apprendre à identifier celles qui augmentent notre « pouvoir » et celles qui le diminuent, et à utiliser à bon escient ces deux sortes d’émotions afin qu’elles soient une aide pour nous réaliser. Le but étant de gérer l’expérience de la manière objective.
Prenons conscience que l’émotion nous domine et nous induit parfois en erreur, elle conditionne l’esprit et lui fait adopter une certaine vision des choses. Néanmoins, certaines émotions à connotations négatives comme la colère, peuvent être « aidantes ». Par exemple, lorsqu’une injustice nous révolte, notre colère peut être constructive dans la mesure ou elle peut faire évoluer les choses. Mais lorsque nous projetons notre colère sur autrui pour se défouler, par blessure d’ego, elle engendre de la souffrance, pour autrui, mais aussi pour soi. Aristote disait à propos de la colère : « n’importe qui peut se mettre en colère, c’est facile, mais se mettre en colère avec la bonne personne, au bon degré, au bon moment, pour la bonne raison et de la bonne façon, cela n’est pas facile ».
En réalité, mis à part les émotions pathologiques de violence et d’impulsivité, nuisibles à la santé, nos émotions ne sont, ni positives, ni négatives, c’est une interprétation que l’on fait d’un ressenti.
Tout dépend si elles conduisent au bien-être ou à la souffrance, l‘essentiel est de les identifier pour éviter de donner libre cours à celles qui font obstacle à notre paix intérieure. Il est préférable de les empêcher de monter en puissance, car c’est lorsque leur charge émotionnelle, atteint un seuil critique, qu’elles deviennent pathologiques. Il ne faut surtout pas les refouler car elles réapparaîtraient avec plus de virulence dès la moindre occasion et peut-être même, contre nous-mêmes.
Nous devons prendre conscience de « ce » qui fait échos en nous, et de ce qui nous fait réagir et pourquoi. Par exemple pour une souffrance liée à la non-satisfaction d’un désir, quelle est la véritable origine de ce mal-être ? Pourquoi laissons-nous les pensées nous tourmenter, etc. ?
Ce qui fait notre dualité, c’est tout un processus d’émotions (désir/aversion, attraction/répulsion). Nous réagissons comme le fer repoussé ou attiré par l’aimant.
Ce qui compromet notre « paix » intérieure, c’est le jeu des dualités et des oppositions ; toutes les manifestations de non-amour (rejet, rancune, condamnation, mépris, jalousie …).

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